TERRITOIRES D'INTERPELLATION : RENFORCER LA DEMOCRATIE LOCALE PAR L'ACTION COLLECTIVE DES HABITANT·ES
Le projet Territoires d’interpellation citoyenne, porté notamment par l’Institut Alinsky, l’Observatoire des Libertés associatives, la coordination Pas Sans Nous, le Collectif des Associations Citoyennes et soutenu par l’Agence nationale de la recherche se questionne sur comment donner aux citoyens les moyens concrets d’interpeller leurs institutions pour peser sur les décisions locales ?
Suite à notre Appel à Manifestation d’Intérêt, neuf territoires ont été accompagnés durant un an : Strasbourg, Poitiers, Villeurbanne, Arcueil, Colombes, Tours, Blois, le Conseil départemental de Loire-Atlantique et le Conseil départemental de la Gironde.
Ces collectivités ont fait le choix d’ouvrir leurs pratiques, d’expérimenter des dispositifs et de mettre en débat les conditions d’exercice de l’interpellation citoyenne. Parmi les territoires engagés, Grenoble, première ville en France à s’être dotée de droits d’interpellation citoyenne, a joué un rôle spécifique de territoire ressource.
Une démarche de recherche-action ancrée dans les territoires
Le projet Territoires d’interpellation citoyenne repose sur une démarche de recherche-action associant chercheur·ses, militant·es et acteurs de terrain. Il vise à produire des connaissances utiles à l’action publique, à partir de l’analyse fine d’expérimentations locales et de leur accompagnement dans la durée.
L’analyse et le suivi des expérimentations ont mobilisé un collectif pluridisciplinaire de chercheur·ses et de praticien·nes, dont Julien Talpin, Hélène Balazard, Antoine Gonthier, Léa Galloy, en lien étroit avec :
- Audrey Gondallier (coordination de Pas Sans Nous),
- Jean-Baptiste Jobard (Collectif des associations citoyennes),
- Adrien Roux (Justice Ensemble).
Ce cycle de travail (2023–2025) vise à analyser et outiller les conditions dans lesquelles l’interpellation citoyenne peut produire des effets concrets sur les pratiques administratives et les décisions publiques locales. Il prépare également le lancement d’un nouveau cycle à partir de 2026, orienté vers le plaidoyer, la formation et l’accompagnement de nouvelles collectivités.
Ce que les accompagnements cherchent à transformer
1. Garantir les droits d’interpellation citoyenne
Le droit d’interpellation permet aux habitant·es, associations ou collectifs d’interpeller directement les élus et les services sur les sujets qui les concernent et d’obtenir une réponse institutionnelle concrète, fournissant ainsi un débouché institutionnel aux revendications.
Ce dispositif doit être organisé en paliers progressifs et proportionnés à la population, pour garantir que les interpellations ne restent pas lettres mortes. L’atteinte d’un seuil de signatures peut ouvrir droit à une médiation structurée, l’inscription du sujet à l’ordre du jour d’un conseil municipal, l’accès à la contre-expertise ou l’activation d’un Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) local.
En savoir plus sur la Démocratie d’Interpellation
2. Créer un fonds d’interpellation citoyenne
La démocratie d’interpellation exige de sécuriser l’indépendance financière des contre-pouvoirs locaux, car le financement associatif classique expose les associations critiques à l’autocensure et au clientélisme en cas de suppression arbitraire de subventions. La création de ce Fonds d’Interpellation Citoyenne répond à cette urgence en dédiant une ligne budgétaire pour soutenir l’organisation collective de trois façons distinctes :
Premièrement
Deuxièmement
Troisièmement
